La santé mentale dans la littérature

10 octobre 2018

Bonjour à tous, nous sommes aujourd’hui le 10 Octobre. Un jour ordinaire pour vous et moi mais pas seulement: c’est la journée internationale de la santé mentale. De nombreuses personnes souffrent de troubles de la santé mentale et on estime que près de douze millions de français bénéficient de soins. Néanmoins, il semble y avoir un certain tabou: nous sommes très peu à admettre la mélancolie, la dépression (qu’elle soit saisonnière ou non) ou même le simple mal être.
Pourtant, la santé mentale a été un sujet très important de tous temps. En littérature, beaucoup d’ouvrages abordent la problématique des troubles mentaux. En voici une petite liste non exhaustive qui aidera, je l’espère, à lever le voile sur ce phénomène.

 

Schizophrénie et autres folies…

Le Horla, Guy de Maupassant (1887)

Le Horla est une courte nouvelle de Guy de Maupassant prenant place dans le journal intime d’un homme à l’apparence banale. Pourtant, celui-ci manifeste peu à peu quelques troubles de plus en plus perturbants. Par exemple, il se sent régulièrement accompagné du « Horla », un monstre invisible qui vit autour de lui et qui semble se faire un malin plaisir à lui infliger l’anxiété la plus destructrice. D’autres fois, il a l’impression de se voir de l’extérieur ou de ne pas se reconnaître dans le miroir. Rendu fou par la présence de ce monstre qui lui colle à la peau, il se livre à des tentatives toutes plus désespérées les unes que les autres afin de s’en délivrer…
Cette oeuvre est basée sur l’expérience de Guy de Maupassant lui-même qui disait souffrir de troubles mentaux dont il n’arrivait pas à se dépêtrer. La conclusion de la nouvelle, que je vous laisserai le loisir de découvrir, en dit long sur le désespoir de l’auteur qui n’entrevoit qu’une seule et unique porte de sortie. Mais laquelle?

L’étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde, Robert Louis Stevenson (1886)

Dans ce court roman, Gabriel John Utterson est un notaire chargé de rédiger le testament de son vieil ami, le docteur Jekyll, qui l’a chargé de transmettre tous ses biens à un certain Mr Hyde s’il venait à disparaître. Utterson croise ce fameux Mr Hyde par hasard et l’héritier se trouve être un homme d’une cruauté sans pareille. Mais, ce que le notaire ignore, c’est que cet exécrable Mr Hyde est le résultat d’une expérimentation un peu folle: inspiré par son dédoublement de personnalité et son penchant pour le vice, le docteur Jekyll s’est lancé dans la création d’une potion permettant de dissocier le bon côté de son âme du mauvais. Malheureusement, sa découverte a permis l’incarnation du mal en personne.
Cette histoire de Stevenson reflète exactement la problématique de la fin du XVIIIème siècle où les premières expérimentations scientifiques concernant la santé mentale on été réalisées. Ainsi, hystérie et autres dédoublements de la personnalité font leur apparition, inspirant l’auteur pour ce roman qui ne prend pas une ride.

Les Bonnes, Jean Genêt (1947)

Les Bonnes n’est pas un roman mais une pièce de théâtre qui aura marqué l’univers dramaturgique du XXème siècle. On y retrouve deux sœurs, Solange et Claire, que tout oppose et qui travaillent comme domestiques au service de Madame, une femme assez riche avec qui elles entretiennent une relation mi-filiale, mi-haineuse. Emprisonnées par leur condition sociale et sentant que leur travail de domestique représente leur seule perspective d’avenir, les deux jeunes femmes projettent d’assassiner Madame. Pour cela, elles s’entraînent lors de jeux de rôle où elles prennent tour à tour la place de Madame en fantasmant sur la mort. Malheureusement, ces petits jeux masochistes les mènent petit à petit vers la folie où l’on ne sait plus qui est maîtresse et qui est domestique…

 

Courte plongée dans la dépression et les traumatismes

Mrs Dalloway, Virginia Woolf (1925)

Clarissa Dalloway est une femme mariée tout à fait banale. Elle vit confortablement et donne de bons dîners. Cependant, lors de la journée de l’un d’eux, son destin va basculer. En effet, l’un de ses convives est un médecin qui lui raconte ses consultations de la journée. Parmi elles compte Septimus Warren Smith, un ancien militaire qui souffre de trouble mentaux depuis son retour du front. Entre hallucinations et schizophrénie, il souffre en outre d’une profonde dépression qui le plonge dans un quasi état d’absence lié à un post-traumatisme.
A travers le personnage de Smith, c’est le véritable témoignage de Virgina Woolf qui transparaît ; elle a été victime de dépression dès ses treize ans après que sa mère ait succombé à une grippe foudroyante. Un mal dont elle souffrira toute sa vie et qui la poussera à mettre fin à ses jours en 1941. Dissimulée par ce jeune militaire, Virginia Woolf transcrit très précisément son mal être et les phénomènes qui y sont associés. Une jolie lecture qui permet de mieux comprendre cette « terrible maladie » comme le dit elle-même l’auteure!

Un homme qui dort, Georges Perec (1967)

Troisième roman de cet écrivain issu de l’Oulipo, Un homme qui dort raconte est une conversation avec un étudiant qui vit reclus dans sa chambre. Refermé sur lui-même, il gît sur son lit, dort énormément et, surtout, pense toute la journée. Ainsi, il reste enfermé dans cette petite pièce qui est sienne et vit loin de tout affect, comme s’il essayait de ne plus exister.
Le phénomène n’est pas explicitement évoqué mais on peut deviner, à travers le comportement du protagoniste, les grandes lignes de la dépression dans un monde où tout est gris. La réclusion, le manque de contact avec les autres, la réflexion permanente et l’absence de ressenti permettent une immersion totale dans la tête d’une victime de cet état d’esprit. Et, parfois, le mental s’illumine d’un rêve rose…

 

J’espère que cette courte liste vous aura donné l’envie de vous ouvrir à cette problématique ou, du moins, de mieux la comprendre. Vous voyez ici que les troubles mentaux touchent un grand nombre de personnes et que même les individus les plus illustres n’y ont pas échappé. Alors, si vous êtes vous aussi victime de dépression, de mélancolie chronique ou de tout autre trouble qui vous pèse, je vous pousse vivement  à vous adresser au Fil Santé Jeune ( joignable au 0 800 235 236) ou au numéro d’écoute de la Croix Rouge (joignable au 0 800 858 858). En tous cas, ne restez pas seul(e)!!
Quoi qu’il en soit, n’hésitez pas à laisser vos commentaires et avis en-dessous de cet article, je serais ravie de discuter avec vous. Quant à moi, je retourne à la recherche de pépites dans ma bibliothèque et je vous souhaite une belle journée!

Cette vidéo a été faite par le TED, je ne possède aucun droit.

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