Le sexisme en littérature (2/2)

30 octobre 2018

Bonjour les amis, aujourd’hui nous reprenons notre tour d’horizon du sexisme en littérature. Beaucoup d’entre vous ont éprouvé de l’intérêt pour le sujet, je me permets donc de continuer mon état des lieux. Par la même occasion, nous sommes beaucoup à avoir vu que Jair Bolsonaro a été élu président du Brésil ; ses remarques sexistes et misogynes auront choqué le monde entier. Ici encore, et comme je vous le disais dans l’article précédent, il y a urgence d’agir.
Voici donc une liste non exhaustive d’ouvrages qui auront eu pour vocation, contrairement à la dernière fois, de combattre le sexisme en le dénonçant. Vous allez voir que les écrivains n’ont pas attendu notre époque pour s’en mêler…

 

Manifestes anti-sexistes dans nos bibliothèques

Physiologie du Mariage, Honoré de Balzac (1929)

Je vous en avais déjà parlé dans l’article précédent: Honoré de Balzac est un fervent défenseur de la femme, en particulier si elle est mariée. Pour lui, tous les ennuis surviennent après les noces et on peut bien se demander pourquoi… Cependant, ici, ce n’est pas de roman dont il est question. Dans sa Physiologie du Mariage, Honoré de Balzac souhaite faire un état des lieux du mariage en France. On y trouve alors plusieurs réflexions: le mariage et la situation de la femme, la lune de miel, l’adultère, les faveurs et devoirs conjugaux…
Ce qui en ressort, c’est que Balzac faisait preuve d’une très grande clairvoyance et que son analyse tend à nous donner une excellente psychologie. Cependant, on peut penser que l’auteur incombe tous les malheurs à la femme… Détrompez-vous, ce n’est qu’un maquillage pour déguiser sa pensée: relisez bien une seconde fois et vous comprendrez que les erreurs de la femme sont tout d’abord la faute du mari!

Béatrix, Honoré de Balzac (1839)

Allez, promis, cette fois, c’est un roman. Il est, cependant, un peu différent de La Femme de Trente Ans. Cette fois, c’est de l’amour dont il est question, ainsi que de la condition de la femme (mariée ou non!) en général. A Guérande, le jeune Calyste cherche la femme idéale. Il semble la trouver chez Félicité, une écrivaine et musicienne célèbre. Ce qu’il ne sait pas, c’est que Félicité a déjà connu de très nombreuses déceptions amoureuses et qu’elle est unie par dépit à Charles Vignon. Bien qu’amoureuse de Calyste, elle le pousse dans les bras de Béatrix, une femme frivole et amatrice de violence. Je ne vous raconterai pas la suite ; c’est à vous de la découvrir et, croyez-moi, la fin du roman est pleine de tumulte pour tous les personnages!
Mais alors, allez-vous me dire, où est la défense des femmes dans tout cela? Eh bien, c’est que chaque personnage féminin éprouve son lot de difficultés et se retrouve enfermé dans un rôle social dont il est impossible de se débarrasser. Félicité et Béatrix, en se laissant ballotter par leur condition et le bon vouloir des hommes qui les accablent de réflexions, finissent peu à peu par en pâtir. En tous cas, il faut bien reconnaître qu’en bonnes madones de la littérature (tiens, il serait peut-être intéressant de se demander pourquoi les femmes dans les livres souffrent autant?), elles ne connaissent que très peu le bonheur.

La Condition Humaine, André Malraux (1933)

Oui je sais, la présence de ce livre dans cet article risque fort de vous étonner. Car, je vous le rappelle, le sexisme n’est pas le sujet principal de ce roman. Pour ceux qui ne le connaissent pas, La Condition Humaine raconte le parcours de révolutionnaires communistes préparant une insurrection contre le gouvernement chinois. Mais, au milieu de ces révolutionnaires, il y a Ferral, un industriel français qui n’a qu’une seule passion: écraser tout le monde et gagner le plus d’argent possible.
Dans le livre, ce curieux personnage entretient une relation avec Valérie, qui est manifestement sa maîtresse. Le couple vit à travers une relation de domination extrêmement humiliante, à base de démoralisation, de violences physiques et psychologiques. Bien qu’en contrepartie les deux individus éprouvent l’érotisme au plus haut et beaucoup de jouissance (on peut alors se demander jusqu’où va le respect du consentement qui fait encore polémique aujourd’hui), Valérie devient alors une sorte d’objet tandis que Ferral pense qu’une femme doit se donner avant d’être possédée. Mais, rassurez-vous, la principale intéressée ne va pas se faire prier pour se venger!

Le Deuxième Sexe, Simone de Beauvoir (1949)

Voilà un ouvrage bien curieux car il n’a pas été écrit dans un but militant. Au contraire, Simone de Beauvoir, célèbre compagne du non moins fameux Jean-Paul Sartre voulait mettre à l’épreuve sa réflexion philosophique. Cependant, elle voulait également parler de sa condition de femme en faisant un état des lieux de la situation féminine après la Seconde Guerre Mondiale. Les choses allaient-elles mieux? Eh bien non.
Simone de Beauvoir le démontre, donc, à l’aide d’exemples simples et de références littéraires, philosophiques ou médicales afin de bien faire comprendre que tous les domaines sont sujets au sexisme. Il s’agit, enfin, de prouver que les femmes n’ont rien d’inférieur à l’homme, que le tout est un phénomène de société et que les actes de la population justifient sa présence: les hommes font preuve d’un sexisme déplacé tandis que ces dames restent dans une position passive. Pour Beauvoir, deux solution existent pour changer les choses: le contrôle des naissances et le travail. Comment, alors, ne pas se révolter en lisant le Deuxième Sexe? Quoi qu’il en soit, tout le monde en prend pour son grade. De quoi avoir envie, donc, de se secouer le cocotier!

 

Je pense que c’est à peu près tout pour ce tour d’horizon du sexisme en littérature. Les sujets sont divers et variés et il existe un milliers de façons de dénoncer le sexisme à travers ses écrits!
Quoi qu’il en soit, n’hésitez pas à laisser vos commentaires, à poser vos questions et vos suggestions, je serais ravie d’en tenir compte et, pourquoi pas, d’en faire un article ? Quant à moi, je vous souhaite une bonne soirée et retourne concocter les prochains articles dans ma bibliothèque. A très bientôt !

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