Un peu de tendresse en littérature

14 décembre 2018

Salutations chers amis, comme vous le savez, il m’arrive souvent de quitter ma bibliothèque et de jeter un œil dehors, à l’affût des actualités. Quel n’est pas mon émoi, depuis quelques jours, lorsque de si mauvaises nouvelles parviennent à mes oreilles. Entre attentats et mauvaises décisions, j’ai envie de me replonger dans un bon livre douillet en essuyant quelques larmes.
C’est pourquoi, à défaut de pouvoir vous serrer dans mes bras et de partager avec vous le chocolat chaud de l’amitié, je vous propose aujourd’hui une petite sélection qui vous apportera un peu de tendresse à travers la littérature. Nous en avons bien besoin!

Je vous écris tous les jours – Madame de Sévigné (1669)

Lorsque sa fille Françoise épouse le comte de Grignan en 1669, Marie de Sévigné promet de ne pas se séparer d’elle malgré la distance et de l’aimer toujours. Les deux femmes s’écrivent alors quasi quotidiennement, se livrant secrets, anecdotes et mots tendres. Madame de Sévigné, lui fera passer cette précieuse correspondance à la postérité, est un véritable personnage d’humour et de sarcasme, ce qui ne manque pas de faire sourire ses lecteurs. Malgré cela, il ressort de ces lettres une tendresse inconditionnelle et quasi passionnée où la marquise, en bonne mère-louve, couvre sa fille de protection et d’un amour poussé à son paroxysme, consolant peines de cœur, chagrins et mauvaises expériences. Françoise, quant à elle, le lui rend au centuple et on ne peut que s’attendrir devant tant de légèreté et de confiance venant de la part de deux êtres humains que la vie a fini par opposer.

Le roi s’amuse – Victor Hugo (1832)

Cette histoire rappellera sans doute quelques airs d’opéra s’il y a des connaisseurs parmi vous. Triboulet est un bouffon de cour qui jouit des plus grands honneurs puisqu’il est un grand ami du roi François Ier. Les deux hommes, entourés d’une cour tout aussi fantasque, se livrent aux fêtes les plus somptueuses et à la débauche la plus haute, terminant souvent les soirées en orgies incontrôlées. Alcool, or, nourriture, rires et chair fraîche, tout est là pour le plus grand plaisir des participants qui n’hésitent pas à abuser des bonnes choses!
Mais, derrière cette image de débauché et hédoniste que Triboulet prend grand soin de cultiver à l’intérieur du château, le brave homme a une autre vie, loin des richesses et près de sa fille Blanche, l’innocence incarnée, qu’il couvre de l’amour le plus pur. Vivant ensemble loin de la cour, le père et sa fille se vouent une tendresse inconditionnelle. Néanmoins, l’existence de Blanche finit par se faire savoir et le roi compte bien mettre la jeune fille à son bras. Pour éviter le pire, Triboulet devra déployer toutes ses forces paternelles et sortir les crocs.

Narcisse et Goldmund – Hermann Hesse (1930)

Goldmund est un homme avec la langue bien pendue et beaucoup d’audace. Véritable amoureux de la vie, il ne dit jamais non à un petit plaisir. Pourtant, celui-ci a grandi dans un monastère pour réaliser le souhait de son père, sans en garder aucun enseignement. Resté seul, il cherche une figure maternelle et une vocation qui ne vient pas. C’était sans compter sur Narcisse, un religieux ange gardien qui entretient avec Goldmund une amitié sans tâche et une loyauté infaillible. Alors le brave homme garde un oeil sur son ami, revient le guider par intermittence et l’entoure d’une tendresse quasi paternelle. Grâce à lui, Goldmund va trouver le chemin de la vie qui lui plaît: la vie d’artiste. Un voyage initiatique doux et moelleux dans lequel se plonger avec délice.

Le livre de la mère – Albert Cohen (1954)

Voilà un livre bien particulier. Un roman autobiographique dédié à une mère bien-aimée. Albert Cohen y évoque les bras solides, le regard doux et le sourire d’une femme qui a consacré sa vie à son fils. Une mère quasi héroïque qui portait une main de fer dans un gant en soie. Puis viennent les souvenirs d’enfance, la séparation lorsque le fils grandit, les retrouvailles puis les pleurs lorsque cette mère pilier n’est plus.
On se surprend tour à tour à sourire et à pleurer devant l’affection sans borne des deux personnages, à rire lorsque le grand Cohen redevient un petit enfant qui ne cesse d’appeler sa maman à corps et à cris. Une fois les pages fermées, on se laisse envelopper dans le souvenir de l’amour de cette mère, doux comme de la soie.

Des hauts et des bas – Jean-Jacques Sempé (1970)

Changeons un peu de registre et plongeons-nous dans une bande dessinée du célèbre Sempé. Ce n’est pas un roman mais cet album n’en reste pas moins un classique. L’auteur y décrit (ou plutôt y dessine) l’homme dans son entièreté, la femme dans toute sa dignité (avec un côté plutôt féministe), les humains perdus dans la vie et dans la rue qui s’étend comme une immense fourmilière, en somme, la vie quotidienne telle que nous la vivons tous. Mais, malgré les hauts et les bas, on éprouve plein de tendresse pour ces personnages qui nous ressemblent, qui rient, pleurent, s’émeuvent et s’éprennent. Et on rit aussi, beaucoup.

Alors, allez-vous vous laisser émouvoir par quelques uns de ces romans? Je pense qu’il y a de quoi faire pour allumer les étincelles dans votre cœur, ressentir un peu de joie et retrouver le sourire. L’idéal à avoir dans sa bibliothèque, donc, et à ressortir en cas de coup de mou!
Quoi qu’il en soit, n’hésitez pas à laisser vos commentaires, à poser vos questions et vos suggestions, je serais ravie d’en tenir compte et, pourquoi pas, d’en faire un article ? Quant à moi, je vous souhaite un bon visionnage avec cette vidéo idéale pour terminer; elle vous expliquera les effets positifs de la tendresse sur votre corps. Alors profitez de la vie, dîtes aux gens que vous les aimez et jetez-vous à corps perdu dans l’affection si on vous en donne. Quant à moi, je vous embrasse bien amicalement et je retourne concocter les prochains articles dans ma bibliothèque. A très bientôt !

Cette vidéo a été réalisée par l’émission Je t’aime etc, je ne possède aucun droit.

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